Cynthia Montier est artiste et chercheuse, elle travaille entre Strasbourg et Rome. Diplômée en 2019 d’une maîtrise de recherche-création en arts visuels et anthropologie sociale de l’Université de Strasbourg et de l’Université du Québec à Chicoutimi, elle est également diplômée du CFPI (Centre de Formation pour Plasticien·nes Intervenant·es) de la Haute École des Arts du Rhin en 2020, où elle enseigne aujourd’hui.
Son travail témoigne d’une relation forte à l’espace public et d’un attachement aux groupes, aux corps collectifs et aux communautés. Nourrie par l’anthropologie sociale et les pédagogies féministes, elle développe une pratique située entre co-création et intervention, mêlant pratiques rituelles, communautaires, performatives et somatiques.
Elle s’intéresse aux mémoires collectives, aux formes d’expression intentionnelles et aux appropriations symboliques qui relèvent d’un engagement social ou d’une forme de dévotion, souvent orientée vers des enjeux de justice. Les notions d’appartenance, d’amitié, de croyance, d’attachement, de lien et de lutte traversent ainsi ses projets.
Influencée par les récits, les pratiques, les affects et les objets issus de ses rencontres, Cynthia Montier crée des espaces relationnels et envisage l’art comme un canal pour explorer l’invisible, l’immatériel et l’affect. En écho à des formes historiques ou issues de mouvements sociaux, elle déploie une diversité de formats et de dispositifs participatifs — de l’entretien au workshop, de l’enquête à la performance, du rituel à la manifestation, de l’archive votive à l’objet parlant — mobilisant la parole, le geste et l’archive affective comme supports d’intuition et d’expérience partagée.
Depuis 2019, elle forme un duo avec Ophélie Naessens qui explore la notion de socialité minérale et de pédagogies rituelles à travers le prisme de formes dialogiques, d’enquêtes et de performances naviguant entre pédagogie, militantisme et rituels de pierre. Elle porte avec Sophie Prinssen le projet «Activismes Ésotériques – Magie · Performance · Résistance» (depuis 2021) : un «coven de recherche», réuni en un groupe de travail rituel et militant qui donne lieu à des temps de recherche et à des performances dans l’espace public, à laquelle le dix neuvième numéro de la revue Proteus consacre un article dans le numéro dédié : « Le rituel dans l’art ». Son travail a été notamment présenté à la Ferme du Buisson (Noisiel), à l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne, au 49° Nord 6° Est Frac Lorraine (Metz), au Magasin des Horizons (Grenoble), au Printemps de Septembre (Toulouse), au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg mais aussi à l’international à AQB (Budapest), au Japanisches Palais (Dresde), au Centre of Gravity (Bristol), à la Kleine Humboldt Galerie (Berlin) ainsi qu’au Richter (Moscou), la Royal Holloway School (Londres), le musée ethnographique national de Roumanie ASTRA Museul (Sibiu), et le centre de recherche sur l’art contemporain IUNO (Rome).
Cynthia Montier bénéficie en 2021 du soutien de la DRAC Grand- Est avec Abdul-Hadi Yasuev pour la réalisation de leur œuvre karma. Ses œuvres et protocoles font partie des collections du Magasin des Horizons, du Frac PACA, de l’Artothèque de Strasbourg, et de l’IAC Villeurbanne.